L’essentiel
- Trouver une photographie sur un site inconnu ne prouve pas à lui seul que l’utilisation est non autorisée : la vérification des licences précède toute escalade.
- Un crédit d’agence, un contexte éditorial ou les relevés de ventes de l’ayant droit justifient de demander la licence, sans rien prouver dans un sens ou dans l’autre.
- Une licence réelle peut être dépassée en durée, territoire, support, diffusion, titulaire ou nature éditoriale : une licence ancienne doit être lue, pas seulement retrouvée.
- L’invocation d’une licence ou une demande de délai suspend le dossier jusqu’à une date précise, et rien n’est envoyé pendant cette suspension.
- Une licence valable clôt le dossier et les signalements sont retirés ; partielle ou expirée, l’usage couvert est reconnu et seul le reste est discuté.
Section 01
Pourquoi l’examen de licence précède toute escalade
Découvrir l’une de vos photographies sur un site inconnu ne démontre pas, à lui seul, que l’utilisation est non autorisée. Des images sont concédées chaque jour par des agences, des banques d’images, des ventes directes, des syndications éditoriales et des commandes de clients, et la personne qui repère la copie voit rarement les documents qui l’accompagnent. L’examen de licence est l’étape qui distingue une utilisation manifestement dépourvue de licence d’une utilisation qui pourrait être couverte, partiellement couverte, ou couverte autrefois et plus aujourd’hui.
Cet examen protège le titulaire des droits autant que le destinataire. Une réclamation adressée à une entreprise qui détient une licence valable entame la crédibilité, appelle une protestation justifiée et affaiblit chaque courrier ultérieur du même dossier. Une notification adressée à un hébergeur sur la base d’une vision incomplète peut exposer son auteur à la critique et, en droit américain, une déclaration sciemment inexacte sur un point essentiel d’une notification de retrait peut engager sa responsabilité au titre du 17 U.S.C. § 512(f). En comparaison, un examen attentif coûte peu.
Renvois17 U.S.C. § 512(f)
L’escalade n’est pas abandonnée. Elle est simplement placée après la question qui doit venir en premier : existe-t-il une chance raisonnable que cette utilisation ait fait l’objet d’une licence ? Si la réponse est oui, Atlantic demande d’abord le justificatif de licence. Si la réponse est non, le dossier avance sur une base plus solide, puisque la question a été posée et tranchée.
Section 02
Les indices qu’une licence peut exister
Avant la préparation de tout courrier, Atlantic examine chaque occurrence à la recherche d’indices laissant penser qu’une licence pourrait exister. Aucun de ces indices ne prouve une licence. Chacun est une raison de demander plutôt que d’affirmer.
- Une mention de crédit citant une agence, une banque d’images ou un service photo, par exemple « Photo : [agence] / [contributeur] », surtout lorsqu’elle reprend le format de crédit habituel de l’agence.
- Un identifiant d’image d’agence ou un nom de fichier conforme à la convention de nommage de l’agence, visible dans l’URL de l’image ou dans le code source de la page.
- Un contexte éditorial : article d’actualité, critique ou reportage du type de ceux pour lesquels des licences éditoriales sont couramment vendues.
- Une relation client connue : entreprise pour laquelle le photographe a travaillé, ancienne agence commanditaire, hôtel ou lieu photographié sur commande, éditeur ayant acquis des droits auparavant.
- Une page publiée à une date correspondant à une période où le photographe, ou l’agence, est connu pour avoir vendu des licences de cette image.
- Les relevés de ventes ou de contributeur du titulaire des droits faisant apparaître une licence vendue pour cette image, même sans l’identité de l’acheteur.
- Une utilisation qui correspond à un schéma de licence courant (un seul article de blog, un petit format web, un seul territoire) plutôt qu’à une exploitation commerciale étendue.
Certains indices vont en sens inverse. Un filigrane supprimé ou recadré, un crédit effacé, une image inversée ou recolorée, ou la même photographie diffusée sur des sites sans lien entre eux et sans aucun crédit rendent une licence moins probable, sans la rendre impossible. L’examen apprécie les indices dans leur ensemble. Il ne fait d’aucun détail un élément décisif.
Section 03
Les licences qui ont existé mais ne couvrent plus l’utilisation
Bien des dossiers contestés ne portent pas sur une utilisation qui n’a jamais fait l’objet d’une licence. Ils portent sur une licence bien réelle, mais dépassée. Une licence est accordée pour une utilisation définie, et son étendue figure généralement dans les conditions de l’agence ou sur la facture. Une utilisation peut en sortir de plusieurs façons.
- Durée : licence accordée pour un ou deux ans, pour la période d’une campagne ou pour la vie d’une édition précise, alors que l’image est toujours en ligne des années plus tard.
- Territoire : licence limitée à un pays ou à une région, alors que l’utilisation vise désormais d’autres marchés.
- Support : licence pour l’imprimé seulement, pour une brochure ou pour un seul site, alors que l’image est reprise sur les réseaux sociaux, dans la publicité, sur un emballage ou dans une application mobile.
- Volume ou diffusion : tirage, nombre d’impressions, seuil d’audience ou nombre de postes dépassé par l’utilisation.
- Éditorial ou commercial : licence éditoriale achetée pour un article d’actualité, l’image servant ensuite à promouvoir un produit ou un service.
- Licencié : licence détenue par une société, alors que l’image est utilisée par une société sœur, un franchisé, une entreprise qui lui a succédé ou un client.
- Modifications : licence excluant la retouche, le photomontage ou l’intégration dans un logo ou une marque.
Une licence ancienne doit donc être lue, et pas seulement retrouvée. « Nous l’avons achetée en 2015 » est un point de départ utile, et souvent parfaitement exact. Savoir si cet achat couvre l’utilisation actuelle dépend de ses conditions. Certaines licences d’agence sont perpétuelles pour les usages qu’elles autorisent, d’autres sont limitées dans le temps. Atlantic demande le justificatif précisément pour comparer son étendue avec l’utilisation réellement constatée, plutôt que de s’en tenir à une impression, d’un côté comme de l’autre.
Section 04
À quoi ressemble un justificatif de licence valable
Une licence est une autorisation, et le justificatif est le document qui établit cette autorisation et ses limites. Atlantic recherche un justificatif qui relie quatre éléments : l’image, le licencié, la concession et son étendue.
- Une facture ou un reçu de l’agence ou du photographe, daté, indiquant le nom de l’acheteur et la référence de l’image.
- Un certificat ou une confirmation de licence, tels qu’en délivrent de nombreuses banques d’images, mentionnant l’identifiant de l’image, le type de licence et le licencié.
- L’historique de téléchargement ou d’achat du compte auprès de l’agence, faisant apparaître l’identifiant de l’image et la date du téléchargement.
- L’identité du titulaire du compte, correspondant à l’entreprise ou à la personne qui utilise l’image, ou un lien documenté entre eux (voir section 5).
- Les conditions de licence applicables à la date de l’achat, ou au moins le nom et la version du type de licence, afin que l’étendue puisse être vérifiée.
- Pour une licence consentie directement par le photographe : un échange de courriels, un devis, une commande ou un contrat identifiant l’image et l’utilisation autorisée.
Chaque élément prouve quelque chose de précis et laisse une question ouverte. Une facture prouve un paiement, mais peut ne pas identifier l’image si elle ne mentionne qu’un pack de crédits. Un historique de téléchargement montre qu’un compte a obtenu le fichier, mais pas, à lui seul, le type de licence choisi. Un certificat de licence au nom d’une autre société prouve qu’une licence existe, mais pas qu’elle couvre l’utilisateur. C’est pourquoi Atlantic demande la combinaison qui correspond au dossier, et non un document précis désigné par son nom.
En droit américain, une cession de la propriété du droit d’auteur exige un écrit signé (17 U.S.C. § 204). Une simple autorisation non exclusive obéit à d’autres règles et peut, dans certaines circonstances, être établie sans contrat formel. C’est l’une des raisons pour lesquelles Atlantic demande tout justificatif existant, correspondance comprise, plutôt que d’exiger une forme particulière. L’essentiel est que l’autorisation puisse être identifiée et son étendue comprise.
Renvois17 U.S.C. § 204
Section 05
Graphistes, agences et sous-licences
Une grande partie des questions de licence naît du fait que la personne qui a obtenu l’image n’est pas celle qui l’utilise aujourd’hui. Un webdesigner, une agence de communication ou un rédacteur indépendant choisit une photographie, parfois sur un compte de banque d’images à son propre nom, puis livre le site terminé au client.
Que le client soit couvert ou non dépend des conditions de la licence. Certaines licences d’agence permettent un achat pour le compte d’un client et imposent de le nommer, ou autorisent le graphiste à transférer la licence pour un seul produit final. D’autres sont attachées au seul titulaire du compte et ne bénéficient à personne d’autre. De nombreuses licences standard interdisent la sous-licence ou la réutilisation d’une même image pour plusieurs clients. Une image de maquette ou d’aperçu, souvent filigranée et concédée uniquement pour des essais de mise en page, ne constitue pas une licence de publication.
Lorsqu’un destinataire répond « c’est mon webdesigner qui l’a choisie », la réponse utile est une demande : obtenir du graphiste le justificatif de licence et le transmettre. Si le graphiste a correctement concédé l’image pour ce client, le dossier est clos. Dans le cas contraire, la question demeure entre l’entreprise et le titulaire des droits. La responsabilité d’un contenu choisi par un prestataire dépend du pays concerné, et l’entreprise peut disposer de son propre recours contre ce prestataire, mais l’exploitant du site est en général la partie qui a publié l’image. Atlantic ne contacte pas les clients ou les prestataires d’un destinataire ; c’est le destinataire qui décide de la manière d’obtenir le justificatif.
Les agences et les revendeurs soulèvent une question voisine. Un titulaire de droits qui a confié des images à une agence, directement ou par un distributeur, doit vérifier ce que cette agence est autorisée à concéder et à qui, car une licence accordée par un distributeur habilité engage le titulaire dans la limite de ses conditions. C’est une source fréquente de licences authentiques dont le photographe n’avait pas connaissance.
Section 06
À qui revient-il de produire la licence
Dans la plupart des cas, c’est la partie qui invoque une licence qui est censée la présenter. En droit américain, la licence est généralement traitée comme un moyen de défense que l’utilisateur doit établir, et une logique pratique comparable vaut ailleurs : le titulaire des droits peut démontrer sa titularité et l’utilisation, et seul le licencié peut démontrer l’achat. Lorsque l’existence d’une licence est admise et que le désaccord porte sur son étendue, la répartition de la preuve peut être plus nuancée et dépend du pays concerné.
En pratique, Atlantic ne se sert pas de la charge de la preuve comme d’un argument. Elle demande le justificatif parce que c’est le moyen le plus rapide de régler la question pour les deux parties. Un destinataire titulaire d’une licence la retrouve généralement en quelques minutes dans son compte d’agence ou sa comptabilité. Celui qui n’en trouve aucune a, lui aussi, appris quelque chose d’utile.
Plusieurs réponses fréquentes ne sont pas des licences et ne changent pas la question.
- Le crédit au photographe : citer l’auteur est une bonne pratique et peut compter au regard des règles sur les informations relatives au régime des droits, mais ce n’est pas une autorisation d’utiliser l’image.
- « Je l’ai trouvée sur Google » : un moteur de recherche montre où une image apparaît ; il ne confère aucun droit sur elle.
- « Elle figurait sur un site de fonds d’écran ou d’images gratuites » : sauf si l’image y a été placée par le titulaire des droits ou par une personne habilitée à la concéder, un tel site ne peut accorder une licence qu’il ne détient pas. Lorsqu’une image est réellement publiée par son auteur sous une licence libre, Atlantic la traite comme une licence et en vérifie les conditions.
- « Je l’ai retirée » : le retrait met fin à l’utilisation en cours, ce qui est bienvenu, mais il ne démontre pas que l’utilisation antérieure était couverte par une licence.
- « La photo est ancienne » : l’ancienneté d’une photographie n’a pas, à elle seule, d’incidence sur la nécessité d’une licence pour une utilisation récente.
- « Prouvez que je n’ai pas de licence » : nul ne peut prouver l’absence d’un document détenu par un tiers. Demander le justificatif est la manière raisonnable de trancher ce point.
Section 07
Comment Atlantic demande le justificatif et fixe une suspension datée
Lorsque l’examen conclut qu’une licence est plausible, le premier message d’Atlantic est une demande de justificatif, et non une réclamation. Il identifie l’image, la page et la date de capture, indique la référence du dossier (au format AID-YYYY-NNNNN) et précise que l’affaire sera close sans aucune réclamation si une licence valable couvrant l’utilisation est présentée.
Le destinataire peut répondre par courriel ou par le portail sécurisé du dossier, où le résumé des preuves est consultable et où un certificat de licence, une facture, un historique de téléchargement ou une correspondance peuvent être déposés directement. Chaque réponse, quel que soit le canal utilisé, est versée au dossier.
Une réponse indiquant qu’une licence existe, ou une demande de délai pour la retrouver, suspend le dossier jusqu’à une date déterminée. Cette date est précise et elle est communiquée au destinataire. Rien n’est envoyé pendant la suspension : ni relance, ni nouveau courrier, ni notification à un hébergeur, à un moteur de recherche ou à une régie publicitaire. La suspension laisse au destinataire une possibilité réelle de consulter ses archives, de joindre un graphiste ou de demander à une agence la copie d’une ancienne facture.
Un destinataire qui a besoin d’un peu plus de temps, par exemple pour récupérer l’accès à un ancien compte d’agence, peut demander une prolongation avant l’échéance. Les demandes raisonnables, assorties d’une explication concrète, peuvent être acceptées, toujours avec une nouvelle date, consignée de la même manière. Aucune suspension sans terme n’est accordée, car un dossier sans date n’a pas d’étape suivante définie.
Section 08
Lorsqu’une licence est présentée : vérification et clôture
Lorsqu’un justificatif est déposé, Atlantic le confronte à l’utilisation constatée. Les questions sont concrètes.
- L’identifiant ou la description de l’image correspond-il à la photographie du dossier ?
- Le licencié est-il l’entreprise qui exploite la page, ou une partie dont la licence s’étend de façon démontrable à cette entreprise ?
- La licence était-elle en vigueur au moment de l’utilisation, et l’est-elle encore pour une utilisation qui se poursuit ?
- Le type de licence couvre-t-il le support, le territoire, le format et la nature (éditoriale ou commerciale) de l’utilisation constatée ?
- Le justificatif est-il cohérent en lui-même et, lorsque les relevés de ventes ou de contributeur du titulaire des droits le permettent, avec ces relevés ?
Lorsque le justificatif établit une licence valable couvrant l’utilisation, le dossier est clos. La clôture est confirmée par écrit au destinataire, avec la référence du dossier, afin que l’affaire soit clairement terminée pour les deux parties. Si une notification avait été adressée à un hébergeur, à un moteur de recherche ou à une régie avant que la licence ne soit connue, Atlantic la retire.
Un justificatif difficile à lire, ou qui semble concerner une autre image, appelle une question précise plutôt qu’un rejet. Joindre la mauvaise facture est une erreur courante et facile à corriger. Le but est de vérifier la licence, non de reprocher la façon dont elle est présentée.
Section 09
Lorsqu’une licence est partielle ou expirée
Certains justificatifs ne répondent qu’en partie à la question. La licence couvre le site mais pas la brochure ; elle portait sur deux ans et l’image est en ligne depuis six ; elle a été achetée par une société liée ; c’était une licence éditoriale et l’image figure désormais sur une page produit.
Dans ces situations, Atlantic distingue ce qui est couvert de ce qui ne l’est pas. L’utilisation couverte est reconnue comme licenciée et ne fait l’objet d’aucune réclamation. La partie non couverte est décrite précisément, au regard des conditions de la licence et des preuves : quelle page, quel support, quelle période. Le destinataire est alors invité à régulariser cette partie, le plus souvent par une extension ou par une licence rétroactive portant sur l’utilisation qui a dépassé la concession d’origine.
La même démarche s’applique à une licence expirée. La période pendant laquelle la licence était valable est traitée comme couverte. La période postérieure à l’expiration fait l’objet de la discussion : elle peut être couverte par une licence rétroactive ou par un règlement amiable. Pour l’avenir, le destinataire peut renouveler la licence ou retirer l’image, mais le retrait ne couvre pas la période déjà écoulée.
Une licence partielle ou expirée montre souvent que l’utilisateur avait entrepris d’obtenir une licence pour l’image, et la correspondance d’Atlantic en tient compte. L’échange porte sur le retour de l’utilisation dans le cadre d’une licence, et non sur le comportement d’une entreprise qui avait commencé par acheter des droits.
Section 10
Lorsqu’aucun justificatif n’est produit
Si la date de suspension passe sans justificatif, ou si le destinataire répond qu’aucune licence ne peut être retrouvée, le dossier reprend la correspondance graduée au stade où il se trouvait. Chaque courrier fixe une échéance datée et s’accompagne d’un PDF de preuves. Le destinataire peut encore déposer une licence à tout moment, et une licence valable présentée tardivement clôt le dossier exactement comme si elle avait été présentée tôt.
Une déclaration du type « nous l’avons forcément achetée, mais nous ne retrouvons pas la facture » est prise au sérieux, mais elle ne constitue pas, à elle seule, un justificatif de licence. Lorsque les relevés de ventes ou de contributeur du titulaire des droits permettent de confirmer ou d’écarter une vente correspondant à l’utilisation, Atlantic les vérifie. Si ces relevés font apparaître une licence, le dossier est clos même sans les documents du destinataire. S’ils ne montrent aucune vente correspondante pour la période concernée, le destinataire en est informé, factuellement, et l’échange se porte sur la manière de régulariser l’utilisation.
Lorsque la correspondance reste entièrement sans réponse, les étapes suivantes peuvent comprendre une plainte auprès de l’hébergeur effectif du contenu, des notifications aux moteurs de recherche ou aux régies publicitaires, un courrier de dernier recours et, en définitive, la transmission du dossier à un avocat qualifié dans le pays concerné. Atlantic n’est pas un cabinet d’avocats et ne donne pas de conseil juridique ; lorsqu’une affaire appelle une action en justice, c’est l’avocat qui conseille et qui agit. L’examen de licence reste au dossier à chaque étape et montre que la question d’une licence a été posée et qu’un délai a été laissé pour y répondre.
Section 11
Licence rétroactive ou accord amiable, une issue proportionnée
Pour de nombreuses utilisations sans licence ou hors du périmètre accordé, l’issue la plus proportionnée est une licence consentie après coup. Une licence rétroactive couvre l’utilisation déjà faite et peut, si les deux parties le souhaitent, couvrir la poursuite de l’utilisation selon des conditions définies. Elle transforme une utilisation non autorisée en utilisation licenciée et donne à l’entreprise un document qu’elle peut conserver avec ses archives.
Une proposition de licence rétroactive ou d’accord amiable est une proposition. Ce n’est ni une décision de justice ni une dette établie. Elle reflète l’utilisation constatée : son support, sa durée, son territoire, sa visibilité et son caractère commercial ou éditorial. Le destinataire peut la discuter, apporter des informations qui modifient l’appréciation, ou la décliner. Les motifs de la proposition sont exposés afin qu’elle puisse être examinée sur le fond.
Les échanges en vue d’un accord sont confidentiels. Atlantic ne publie rien au sujet des destinataires et ne contacte pas leurs clients. Une fois l’accord conclu et consigné au dossier, l’affaire est close et les notifications adressées aux hébergeurs, aux moteurs de recherche ou aux régies sont retirées. Le paiement et la confirmation peuvent se faire par le portail sécurisé du dossier, sous la même référence.
Une licence rétroactive n’est ni une récompense pour une utilisation sans licence ni une sanction. C’est l’arrangement commercial qui aurait normalement été conclu au départ, conclu plus tard et reflétant l’utilisation effectivement constatée. C’est ce qui la rend proportionnée, et c’est pourquoi un examen de licence débouche si souvent sur une solution plutôt que sur un litige.
Section 12
Engager un examen avec Atlantic
Les titulaires de droits peuvent soumettre une image et les utilisations suspectées par la plateforme. Atlantic vérifie leur qualité pour agir, recueille les preuves et examine chaque occurrence à la recherche d’indices de licence avant l’envoi de tout courrier. Il est utile de joindre les informations de licence dont vous disposez déjà : noms des agences, relevés de ventes de contributeur, clients connus et conditions des licences consenties directement. Plus ce tableau est complet, plus vite une utilisation licenciée peut être close et une utilisation sans licence traitée sur une base factuelle claire.
Section 13
Objections fréquentes
Objection
« Nous avons acheté cette image en 2015, nous sommes donc couverts. »
Réponse
C’est un point de départ utile, et souvent tout à fait exact. Savoir si cet achat couvre l’utilisation actuelle dépend de ses conditions, c’est pourquoi Atlantic demande le justificatif et compare sa portée avec l’utilisation réellement constatée.
Objection
« Mon webdesigner a acheté la licence, elle me couvre. »
Réponse
Tout dépend des conditions de la licence : certaines permettent un achat pour le compte d’un client, d’autres sont personnelles au titulaire du compte. Le plus simple est de demander le justificatif au webdesigner et de le transmettre ; s’il couvre ce client, le dossier est clos.
Objection
« Prouvez-moi que je n’ai pas de licence. »
Réponse
Personne ne peut prouver l’absence d’un document détenu par un autre. Atlantic demande le justificatif parce que c’est le moyen le plus rapide de trancher la question pour les deux parties, et vérifie les relevés de ventes de l’ayant droit lorsqu’ils peuvent confirmer une licence.
Objection
« J’ai crédité le photographe. »
Réponse
Créditer l’auteur est une bonne pratique et peut compter au regard des règles sur l’information relative aux droits. Ce n’est pas pour autant une autorisation d’utiliser l’image.
Objection
« Elle était sur un site d’images gratuites. »
Réponse
Un tel site ne peut accorder une licence qu’il ne détient pas, sauf si l’image y a été déposée par l’ayant droit ou par une personne autorisée à la concéder. Lorsqu’une image est réellement publiée sous licence libre par son auteur, Atlantic la traite comme une licence et en vérifie les conditions.
Objection
« Je ne vous dois rien. »
Réponse
Une proposition de licence rétroactive ou de règlement amiable reste une proposition : ce n’est ni une décision de justice ni une dette établie. Le destinataire peut la discuter, fournir des éléments qui modifient l’appréciation, ou la refuser.
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